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les promesses n’engagent-elles que ceux … ?

samedi 7 octobre 2006, par machin

Matthieu Duvail publie une video - déjà ancienne : 2 ans ½ - de Nicolas Sarkozy discutant avec des gaziers, et prenant l’engagement de ne jamais privatiser EDF-GDF. Et ça énerve Politic-delux qui considère l’argument comme bas, indigne d’un débat "de haute tenue", et dénué de tout fondement pratique puisque N. Sarkozy n’était pas président ou premier ministre.


[edit]
le blog de matthieu n’étant plus disponible, voici la video directement depuis youtube


Loin de moi de chercher à défendre un quelconque parti (qui n’a pas besoin de moi, et que je n’ai pas envie de défendre de surcroît :-) ) …

Cela dit … la question qui est posée ici, au delà de toute polémique partisane, est celle de la "longévité" d’une parole officielle d’un représentant de l’Etat (si je ne m’abuse, le ministre des finances est régulièrement n° 2 ou 3 de son gouvernement … il s’agit donc d’une représentation "qui a du poids").

S’il faut considérer que l’engagement pris par le ministre de l’époque n’a pas de valeur, parce que trop (hum) éloigné dans le temps ; ou parce que ledit ministre n’est pas à la tête de l’état, alors, il faut considérer que seules sont à prendre avec sérieux les paroles du président de la république, et celle du premier ministre, seuls détenteurs réels du pouvoir.

Encore l’un comme l’autre peuvent-ils s’en dédire, l’un en s’abritant derrière la constitution qui donne le pouvoir effectif en matière d’affaires intérieures au premier ministre ; l’autre en s’abritant derrière l’exercice réel de la Ve république, où le président de la république détient, dans les faits, le pouvoir de décision

Ainsi, l’un comme l’autre, et donc personne, ne serait responsable des engagements pris non pas par des personnes, mais par l’Etat, en tant qu’institution, par ses plus nobles représentants … belle perspective !

Quelle solution nous reste-t-il ?

Partir du principe que c’est le principe même de la Politique, et que, par force, les promesses n’engagent que ceux qui les entendent ? Oui, c’est faisable, nous fonctionnons comme cela depuis près de 30 ans, et nous voyons aujourd’hui le résultat : près de quatre électeurs sur dix ne jugent pas nécessaire de se déplacer lors d’une élection nationale, sans parler même des élections européennes ; et le sentiment du "tous pourris" n’a jamais été aussi fort dans notre société.

Est-ce donc si utopique d’espérer, un jour, une politique respectueuses de principes ; de la parole donnée ; du respect des individus ?
Est-ce donc tellement demander à nos édiles ?

Et pour revenir un instant sur le sujet de ce post, je serais certainement de votre avis si N. Sarkozy ne s’était pas positionné dans une logique de rupture, notamment sur le respect de la parole donnée.

A tel point qu’en février dernier, Luc Chatel, porte-parole de l’UMP, essayait d’expliquer qu’il n’y avait pas incompatibilité entre l’engagement pris en 94 par N. Sarkozy, et la privatisation de GDF. (à -re-lire ici )

A plusieurs reprises, N. Sarkozy a affirmé sa différence avec ses prédécesseurs, et même avec ses compétiteurs, affirmant qu’il ne serait pas pris en défaut de promesse non-tenue.

Et bien si, justement.

C’est dans ce contexte très particulier que le post de Matthieu prend toute sa valeur et sa justesse.

Et la question de la parole tenue est fondatrice et essentielle, car c’est de la réponse à cette question, que dépend l’application pratique et réelle des débats de si haute tenue que vous revendiquez, une fois les élections passées.

2 Messages

  • les promesses n’engagent-elles que ceux … ? Le 7 octobre 2006 à 21:09, par koi2neuf

    J’ai juste envie de préciser qu’il ne s’agissait pas d’une promesse électorale.
    Est-ce qu’on peut compter sur le fait que ça fait une légère différence ?

  • les promesses n’engagent-elles que ceux … ? Le 7 octobre 2006 à 21:23, par Machin

    En pire, oui :-)

    Parce que les promesses, on a fini par intégrer qu’elles n’engagent personne, et surtout pas ceux qui les font …

    Alors que les déclarations d’hommes d’Etat au pouvoir, nous restons encore avec le secret espoir qu’elles seront honorées … ne serait-ce parce-que certaines le sont … non ?

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