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le gosse

mercredi 23 juillet 2008, par machin

C’était avant-hier, fin de soirée, sur un de ces chats, forcément pas recommendables pour la plupart d’entre-vous ;-) Il a pointé le bout de son nez, timidement, il voulait parler, sans le dire vraiment. On a commencé à discuter de la pluie et du beau temps, pour dire ça comme ça (|-)) et puis rapidement, il m’a dit qu’il était pas très à l’aise. Forcément, il fallait que ça tombe sur moi, avec mon air à la pause-café qui doit se sentir à 3 km. J’ai donc fait ce à quoi je suis bon : posé des questions.

Au bout d’une heure et demie, j’ai fini par comprendre à peu près toute son histoire.
C’est un gosse d’à peine 18 ans. Il a vécu sa première expérience à 14 ans (précoce, le gamin), et rencontré il y a deux ans un type de 45a qui, en plus de l’avoir violé assez rapidement, le passait à tabac régulièrement. Cerise sur le gâteau, cet espèce de monstre n’utilisait jamais de capote lorsqu’il avait des relations sexuelles avec lui le violait. Finalement aidé par un de ses amis, le gosse a réussi à quitter ce bonhomme au bout de quelques mois. Fin de l’acte I.

Tout récemment, il était content de rencontrer un dominateur plus proche de son âge, un mec d’à peine 30 ans, mignon, gentil et tout. Sauf que …
Sauf qu’il aurait bien espéré construire une relation durable avec lui, mais son maître ne le voulait pas. Il lui a donc trouvé un autre dominateur, à qui il l’a donné (!!!!). Et le gosse de me dire, pour couronner le tout, qu’il devait retrouver son maître le lendemain, pour une dernière baise, et que, pour remercier son maître de s’être si bien occupé de lui (re !!!), il devrait se faire prendre sans capote, totalement.
Bref, quoi, le gosse était un peu perturbé, ne savait pas très bien quoi faire.

Soit ce garçon était un grand fantasmeur, mais au bout de trois heures de discussion virtuelle, il ne s’était pas contredit une seule fois et, dans son invraisemblance, son histoire tenait parfaitement la route.
Soit son histoire était vraie, et il était effectivement à la rue, et je ne pouvais décemment pas le laisser dans sa mouise, une sorte d’assistance à personne en danger.
Malgré les 4h du matin, je n’avais qu’une solution : lui proposer de continuer la discussion dans un bistrot. Soit il refusait, et il y avait de fortes chances que tout ça ne soit que du bidon, soit il acceptait … Il a accepté.

J’ai donc traversé une première fois tout Paris pour aller le chercher près de chez lui, il était bien au rendez-vous, effectivement, un gosse ; puis une deuxième fois, pour trouver un bistrot ouvert près de Bastille où discuter tranquillement.

Pendant deux heures, il m’a confirmé son histoire, et son visage - à peine sorti de l’adolescence - confirmait toute la détresse dans laquelle il était plongé : incapable de dire le mot "viol", incapable de me regarder ne serait-ce qu’une seconde dans les yeux, au bord des larmes à plusieurs reprises …

L’essentiel de notre conversation a tourné autour du sexe sans capote, et du risque qu’il prenait, qu’il contestait : grosso modo, l’autre était forcément sain, puisqu’il s’était toujours bien occupé de lui, et qu’il ne lui voulait aucun mal puisqu’il lui avait même trouvé un nouveau maître … qui, tiens, comme par hasard, dès le premier contact téléphonique, lui a annoncé qu’il ne baisait jamais avec capote ! et qui, deuxième hasard, avait rencontré son maître actuel sur un site de baise sans capote. J’ai usé et abusé de l’image de la roulette russe, qui a fini par porter ses fruits.

Bref … à presque 7h du matin, j’ai fini par le ramener chez moi, pour prendre quelques heures de sommeil et continuer la discussion au calme. C’est là qu’il m’a achevé, quand je lui ai demandé pourquoi il ne me regardait jamais dans les yeux, et qu’il m’a répondu "je ne peux pas, je suis inférieur" … 

Du cassage en règle, et réussi.

Je l’ai laissé à la mi-journée au centre de dépistage anonyme Alfred Fournier, en lui conseillant de profiter du passage devant le médecin pour discuter vraiment avec lui. Heureux hasard, il est tombé sur une femme, une lesbienne (je pense que ça a dû jouer), qui a pris le temps de l’écouter, et lui a donné l’adresse d’un psy.

Ne reste maintenant plus qu’à lui faire franchir le pas, et qu’il ose prendre rendez-vous avec ce médecin …

 :-(( Putain de PD bourreaux de merde :-((

2 Messages

  • le gosse Le 23 juillet 2008 à 19:16, par Rouge-cerise

    Dur. Dans ma douce naïveté, je pensais que ça n’existait que dans les récits X à but fantasmagorique, ce genre d’histoire. Oulalala. Pauvre jeune.

  • le gosse Le 25 juillet 2008 à 16:57, par machin

    Hélas non, c’est loin d’être un cas isolé. De moins en moins, même.

    Et Guillaume l’écrira peut être en direct, mais il me disait qu’il en connnaît tout autant chez les zétéronormés …

    Quant au gosse, le bon point est qu’il est négatif aux tests. Mais du coup, après un gros flip qui l’a poussé à se remettre en question, il refuse d’admettre qu’il a besoin de voir un médecin.

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