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ban bourguignon

lundi 19 mai 2008, par machin

l'invitation

Il n’y avait pas de challenge, pas de défi, juste une invitation à participer à un évènement plutôt mythique, pas vraiment exceptionnel pour autant : un chapitre de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, en Bourgogne, au Château du Clos de Vougeot. Et un seul impératif : smoking pour les hommes, et "robe longue" pour les femmes
 [1]. Bref, le genre de truc à ne pas refuser.

Vendredi, direction le loueur de smoking. Un petit essai, je suis plutôt facile à habiller … pantalon, veste, ceinture, bretelles, et nœud pap’, of course. Une chemise blanche, aussi, indispensable.

Samedi après midi, un peu la course. Train vers 17h gare de Lyon, direction Dijon, et un bref passage à l’hôtel, juste pour se changer. Puis rapidement, on choppe la navette qui nous amène au Clos Vougeot. Les officiels du chapitre Camille Claudel accueillent les "invités". Nous rentrons dans la cour, prendre un verre de Kir (bien sûr).

Table dressée

Puis la cloche sonne, deux fois, nous invitant à passer à table. La salle à manger est remplie, on serra assez serré … nos invitants ont bien fait les choses, on se retrouve à proximité de l’estrade, un peu sur la gauche. Arrivé à la place, 3 couverts et 6 verres - 3 pour le blanc, 2 pour le rouge, l’eau … et le marc de Bourgogne ;-)

Le Grand Maître du Chapitre accueille les invités, et particulièrement les chefs d’états majors français, italien, anglais, allemand et américain. Je fais un peu plus attention, on les voit en fond de salle, entourés d’hommes "en civil". Je les verrai de plus près en allant fumer une cigarette, plus tard, l’œil aux aguets, l’oreillette branchée en permanence … c’est visiblement tranquille pour eux, mais tout en se fondant dans la masse - sans faire attention, impossible de les remarquer - on les sent sur le qui-vive.

Premier discours

Puis on passe à table, avec un Bouzeron 2004 sur une terrine de caille en gelée de Puligny (mââzette) - Ah oui, je vous ai pas dit, on dit que le repas est là pour accompagner les vins, et pas l’inverse :)

Puis c’est le Grand Prieur, qui nous présente le 2e vin (Beaune Premier Cru 2000) sur un bar aux langoustines (mmmhhhh …). Un discours enlevé, bourré de jeux de mots, souvent olé-olé, franchement marrant.

1er cru

Enfin, le Grand Connétable pour le Monthelie 2003. On trinque en se regardant dans les yeux en meurette :) Le connétable cite beaucoup de monde, au milieu des grand sommeliers ou sénéchaux, un député - “un con” me glisse mon voisin.

Il introduit les chefs d’état-major, en rappelant cette histoire, durant le défilé du 1er mai sur la Place Rouge à Moscou, du temps de l’URSS. Dans la tribune officielle, des fantômes - Alexandre le Grand, César et Napoléon - regardent par dessus l’épaule des maréchaux soviétiques.

Militaire anglais

Passent les chars. “Ah, si j’avais eu des chevaux si puissants, j’aurais conquis le monde” s’exclame Alexandre.
Puis viennent les missiles. “Avec des flèches aussi acérées, j’aurais été le maître du monde”, poursuit César.
Et Napoléon, repliant la Pravda : “Avec un tel journal, personne n’aurait su que j’avais perdu Waterloo !

1h20 à écouter des discours, manger - un peu - et boire - relativement peu, aussi, il faut se garder pour la fin. Je sors fumer une cigarette, et tombe sur un bel anglais en spencer rouge … La photo est mauvaise, imaginez le prince Harry avec 10 ans de plus, et brun … une belle gueule d’anglais, mec-mec, avec un beau regard franc, des fossettes à damner, une taille … hmmm (merci le spencer ;-) ) … j’ai cru fondre ;-)
Je rentre, c’est le trou bourguignon, sorbet au marc de bourgogne. Il paraît que c’est bon pour la digestion. arghh … Et nous n’en sommes qu’à la première rangée de verre !

Juro !

Le conseil du Chapitre monte sur l’estrade, ils ont l’air vaguement cacochymes, pour l’intronisation des nouveaux membres, qui sont amenés à “l’estrade vineuse” par le grand Macier. Bien sûr les chefs d’Etat Major, mais d’illustres inconnus aussi. Un cérémonial autour de Montaigne, Noé et Saint Vincent bien sûr. Puis chacun son tour doit prononcer un "Juro" bien sonore, sur l’engagement de “promptement remplir son verre vide, et boire goulûment son verre rempli" … ça promet pour la santé de nos armées ;-)

Chef d'Etat Major

Tous généraux ou amiraux qu’ils sont, ils ont tous une banane d’enfer, même en ayant probablement rien compris, de vrais gamins … le vin aidant ? ;-)
Le général Georgelin (chef d’état major français) prend la parole au nom de ses camarades. Il parle très bien (bien sûr), a beaucoup d’humour, et sais flatter comme il faut : “c’est notre plus belle décoration”. J’entends à la table derrière moi un ancien militaire dire à sa voisine tout le mal qu’il pense du général, obtus, sectaire, caractériel … ça balance !

Ban
Cadets de bourgogne

Plusieurs fois nous avons chanté, des chants bien bourguignons, surtout "Joyeux enfants de la Bourgogne" ou "Fanchon", et fais des bans (bourguignons). Au début timide, la salle se lâche, les vapeurs d’alcool aidant, les serviettes s’agitent au dessus des têtes, l’ambiance fini par être vraiment à la bonne humeur, ça rit de bon cœur. Tout cela animé par le cœur des cadets de bourgogne, des vignerons à la tronche impayable, la bonne humeur communicative, et la voix de stentor.

On sonne la fin

Voilà le fromage - qui accompagne un Corton Grand Cru, un délice, puis le dessert, le café. Deux heures du matin, la soirée prend doucement fin, beaucoup plus amusante que je ne le prévoyais. Rien d’exceptionnel pour la Bourgogne “On en fait une quinzaine par an”, me glisse un cadet avec qui je vais discuter, assurément un bon souvenir, et surtout un spectacle unique que j’aurais été bien con de louper, rétrospectivement.

Le clos de nuit

Nous quittons la salle sous les sonneries de cors de chasse, rejoindre les navettes qui attendent pour ramener tout le monde à l’hôtel. Les généraux sont dans un minibus, encerclé de GIGN qui ont bien du mal à l’isoler de la foule qui sort. Le monospace qui les suit n’hésite pas, lui, à bousculer les convives qui sortent pour ne pas se laisser distancer.

Retour à l’hôtel, il est 2h du matin. Dans cinq heures, le train de retour vers Paris, où j’arriverai à la mi-journée, juste le temps de me changer et rattraper le GMC dans sa balade mensuelle.

Une soirée plein les mirettes :)

Portfolio

L'arrivée au Château de Clos de Vougeot Cave voutée Le livret On sonne L'ouverture du dîner Cadets de Bourgogne Les héraults Les héraults

Notes

[1entre guillemets car, de fait, peu de femmes portaient une robe longue

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