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Révocation d’un proviseur qui tenait un blog

mardi 17 janvier 2006, par machin

Je l’ai lu ce matin sur Yahoo !Actualités, et j’ai immédiatement pensé à G, sans pouvoir en avoir la confirmation. C’est Ron l’Infirmier qui me l’a apportée (et il propose l’archive audio d’Europe 1).

En gros, G., homo, la (petite ?) quarantaine, est proviseur d’un lycée de province, et il tient un blog. Il parle de sa vie, de ses amours, de son boulot, normal, comme tant d’autres (sans liens, on va pas leur donner des pistes non plus). Il y a plusieurs semaines, il écrit sur son blog qu’on lui a "demandé" de le fermer, et qu’il va s’exécuter. Dont acte.

D’après Yahoo, Paul Desneuf, directeur de l’encadrement au ministère de l’Education nationale, a assuré à l’AFP que ce proviseur "animait un blog sur lequel on trouvait des écrits et des photos à caractère pornographique alors que Georges de Haro, du Syndicat SNPDEN, le contredit.

Pour avoir lu ce blog, je confirme qu’il n’avait rien de pornographique, loin de là … Quelques photos de (beaux) garçons de temps en temps, jamais complètement dévêtus (et donc rien que la "bonne" morale ne saurait réprouver). Au contraire, les posts de G. étaient plutôt surprenant venant de quelqu’un de son âge, tant il était fleur bleue parfois.

Bref, G. a été révoqué il y a 10 jours, perdant son travail et toute possibilité de rester dans la fonction publique, sans procès et donc possibilité de se défendre.
Edit : Voilà ce qu’en dit Le Figaro du 17 janvier, et ça confirme l’écœurement :

Selon nos informations, plusieurs prises de vue, notamment, fondent la sanction. Sur l’une d’elles, le proviseur, allongé sur le ventre, laissait apparaître son visage, ses épaules et ses fesses. Sur trois autres, on pouvait reconnaître trois hommes en sous-vêtements, le proviseur ne faisant pas mystère de son homosexualité. « Ces photos ne sont pas plus explicites que ce que l’on voit sur un catalogue par correspondance », se défend le chef d’établissement, aujourd’hui au chômage, « et je ne parlais pas de ma vie sexuelle ». L’Education nationale en a jugé autrement, considérant que « dans la mesure où on lui confie des enfants, il a jeté le discrédit sur l’institution ».
L’administration n’a pas apprécié le mélange des genres puisque le proviseur parlait régulièrement de sa vie professionnelle dans ce journal intime : « J’évoquais des décisions que j’avais à prendre, des interrogations sur mon métier. Je racontais mon quotidien. » Selon Paul Desneuf, des enseignants d’un établissement voisin ont alerté à la rentrée le rectorat de Montpellier de l’existence de ce blog. Le proviseur a été suspendu dans la foulée.
Une commission paritaire nationale disciplinaire s’est tenue le 9 décembre et a jugé que le chef d’établissement devait être révoqué, qualifiant notamment le journal intime de « pornographique et obscène ». Cette décision qui lui a été notifiée la semaine dernière est la sanction la plus grave pour un fonctionnaire. Elle lui interdit désormais de travailler dans la fonction publique.

Sur la forme, l’argument est détestable (au sens le plus fort du mot), qui consiste à diffamer pour justifier une décision. C’est hélas un des traits de notre époque, qui veut que plus le mensonge est gros, plus il portera : les médias s’en saisiront, et oublieront - comme d’habitude - de rectifier une fois la chose passée.

Autre caractéristique de ce début de siècle est l’habitude nauséabonde qu’ont ces journalistes de reprendre les dépêches AFP sans autre forme de procès, se contentant pour la forme de faire intervenir un syndicaliste. Les mêmes journalistes qui nous assènent à l’envi des publicités chocs pour la liberté de la presse, alors qu’ils ne font pas leur premier boulot : la recherche de la vérité.

Enfin, et comme me le disait M. à l’instant :

rien ne change... par apriori et selon un principe de précaution de merdum, l’homo devient pedo dès qu’un enfant ou un ado traine

L’homophobie est bien là, et l’urgence n’est pas dans la reconnaissance d’un mariage qui masquant les caractéristiques intrinsèques de l’homosexualité, tuerait dans l’œuf cette peur de l’autre (et la marmotte …).

J’ai mal à la France, prisonnière de comportements sociétaux extrémisés, entre la matraque et le communautarisme, où la raison, l’éducation, la parole, l’espoir sont relégués au rang de chimères.

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