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Retraites : problème de méthode, ou volonté délibérée ?

vendredi 16 novembre 2007, par machin

Hier soir, le message qui passait en boucle dans toutes les rédactions était : "négociations tripartites ouvertes, pour un mois".

Ce matin, nouveau message : "négociations blabla à condition que la grève cesse".

Une exigence de dernière limite, de quoi légitimer a posteriori la position de "la base" qui refuse les négociations (aucune garantie donnée) et maintient la grève.

Encore une fois, j’ai un doute sur la réelle volonté de Sarkozy de sortir de la crise pas le haut.
Ou alors, c’est un autre pas de travers, à la suite des précédents, archétypes de symboles placés au mauvais timing :

- 23 août : vote de la loi sur le bouclier fiscal
- à peine un mois plus tard, déclaration de Fillon en Corse : "l’état est en faillite " : (21/9/07)
- 18 octobre : première grève sur les régimes spéciaux
- 26 octobre : Sarkozy rencontre les cheminots et propose de n’appliquer la réforme qu’aux nouveaux entrants
- 28 octobre : l’Elysée signale que finalement, ca s’appliquera à tout le monde
- 31 octobre : réforme du financement de l’Elysée, le salaire de Sarkozy augmente sur le papier de 172 à 220% selon les sources
- Hier donc, la CGT fait une proposition de négociations tripartites, acceptée par l’Elysée sans évocation de conditions préalables
- Et ce matin, à la radio, Bertrand met une condition préalable à l’ouverture des négociations : cesser la grève.

Une série de zig-zag, qui témoignent soit d’une grande maladresse - plutôt incompréhensible vu le bonhomme - ; soit d’une véritable volonté de faire monter le conflit à son paroxysme pour en tirer le plus grand avantage politique passible … quelqu’en soit le coût ?

1 Message

  • Retraites : problème de méthode, ou volonté délibérée ? Le 19 novembre 2007 à 10:29, par Guillaume

    Sarko fait monter la sauce pour 2 raisons :
    - Prouver que c’est lui le Chef et qu’il est meilleur que Juppé et Chirac (Qui ont échoué à réformer les régimes spéciaux)
    - Affaiblir les bastions syndicaux des "durs" (Sud Rail, CGT Cheminots, ...)

    Le risque majeur est de voir la base radicale dépasser la ligne réformiste de la CGT. Car la base, déjà plus radicale que l’orientation d’ouverture de Thibault (Ah, Bernard... Love !), est en plus poussée sur sa gauche par les plus radicaux de Sud Rail. Ceci va conduire par un affaiblissement encore, des corps intermédiaires de la société, nuisant gravement à de futurs réformes, prévues par Sarko. Et dans les entreprises, cela nuira aux salariés car le rapport de force sera affaibli. Cette stratégie est dramatique...

    Il joue avec le feu... Espérons qu’il se brûle (Les sondages d’opinion semblent le prouver).

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