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Retraites : moi y’en a pas comprendre

jeudi 18 octobre 2007, par machin

Demain, c’est le grand jour pour beaucoup de monde, ceux qui feront grève, et ceux qui en pâtiront.
Moi, pendant ce temps, y’a deux / trois trucs que je ne comprends pas.

Demandez à n’importe quel spécialiste de la conduite du changement, le minimum vital pour qu’une réforme soit comprise et acceptée, c’est qu’elle soit juste.

Et là, il faut bien dire que pour l’instant ça coince … au plus haut sommet. Pour l’instant, les députés, qui seront bien chargés de voter cette loi in fine, ceux là, les Morano et consorts que le gouvernement envoie au front médiatique, les députés sont exclus de cette réforme des régimes spéciaux … normal, puisqu’ils s’en sont dégoté un il n’y a pas si longtemps.

Et ça fait à tel point mla aux entournures que même les députés du nouveau centre, qui n’en sont plus à ça-près de compromission et de retournements de veste, commencent à dire que c’est peut être un peu éxagéré.

Comment peut-on espérer qu’un salarié, même un conducteur de TGV, privilégié parmi les privilégiés (2600€), trouve normal de faire des efforts quand les députés eux-mêmes (5177€ hors conditions particulières) refusent de se l’appliquer à eux-même ?

Moi je comprends pas.

Et puis y’a autre chose qui me chiffonne.

J’essaye d’imaginer qu’il y a quelques années, je serais rentré dans une de ces entreprises concernées par les régimes spéciaux. Je serais devenu cheminot, gazier, charbonnier, … avec un salaire pas forcément mirobolant, mais une garantie de l’emploi (pas mal), et la certitude que je n’aurais que 30 ans, ou un peu plus, à travailler. Ce n’aurait pas été dans mon contrat de travail, certes, mais encore plus fort, inscrit dans un contrat social vieux de plusieurs décennies.

Et voilà que quelques années plus tard, on m’annonce que tout va changer, qu’on casse unilatéralement ce contrat social. Certes pour une raison indispensable, inévitable, tout le monde est d’accord sur ce point.

Mais là question que, là, je me pose, est la suivante : modifier le statut, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas le faire seulement pour les futurs arrivants dans ce métier ?

Certes, cela couterait plus cher, mais me montrerait qu’on ne cherche pas à m’en**ber ; et je ne vois pas en quoi ça serait impossible, vu que cela a été fait, et plutôt bien fait, avec France Telecom il y a quelques années. Mais la paix sociale à un coût, de même que la grève, et la justice. Et il faut savoir dépenser pour investir.

Parce que si les contrats des employés existants étaient préservés, si les modifications ne s’appliquaient qu’aux futurs contrats, et si tout les efforts étaient justement répartis entre les dirigeants et les salariés, alors les syndicats ne pourraient plus mobiliser sur l’injustice, car elle n’existerait plus.

Ca, je ne le comprends pas non plus.

3 Messages

  • Retraites : moi y’en a pas comprendre Le 23 octobre 2007 à 12:33, par Guillaume

    J’essaye d’imaginer qu’il y a quelques années, je serais rentré dans une de ces entreprises concernées par les régimes spéciaux. Je serais devenu cheminot, gazier, charbonnier, … avec un salaire pas forcément mirobolant, mais une garantie de l’emploi (pas mal), et la certitude que je n’aurais que 30 ans, ou un peu plus, à travailler. Ce n’aurait pas été dans mon contrat de travail, certes, mais encore plus fort, inscrit dans un contrat social vieux de plusieurs décennies.

    Très juste. La question de fond est la parole donnée. Les personnes entrées dans ces entreprises sont entrées aussi pour des questions de statut (En global).

    Mais là question que, là, je me pose, est la suivante : modifier le statut, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas le faire seulement pour les futurs arrivants dans ce métier ?

    Diviser pour mieux régner ? Créer deux types de statut dans une même entreprise ? Sauf à privatiser comme France Télécom, je ne suis pas sûr que les modalités d’un statut puisse être appliqué à une partie des salariés et pas à une autre. En fait, tu créérais une nouvelle injustice, contrairement à ce que tu en penses.

    Le problème de fond dans les régimes spéciaux n’est pas le fait de réformer, mais de comment réformer. La décision n’est pas économique mais politique. On pourrait très bien imaginer de niveler vers le haut et non vers le bas. Si on pose comme préalable cette orientation, on trouve les moyens (Et il y en a !). Alors que là, on pose la question du moyen avant la finalité. Car la finalité n’est pas la question de l’équilibre à terme, même si il n’est pas là (L’équilibre), mais bien la question de l’ensemble de la protection sociale. La réforme des retraites de 95 a permis d’ouvrir une brêche (Syndicale en premier) : augmenter le temps de cotisation. Les bénéficiaires des régimes spéciaux savent bien que si ils acceptent l’augmentation de la durée de cotisation pour eux, ce nivellement par le bas est le début de la fin. C’est autant une mobilsation sectorielle qu’une mobilisation politique et globale de prévention pour l’avenir.

    Guillaume, faible cotisant au régime général.

  • Retraites : moi y’en a pas comprendre Le 23 octobre 2007 à 13:09, par Machin

    Diviser pour mieux régner ?

    Non. Respecter la parole donnée, comme tu le dis.

    Qu’y-a-t-il de choquant à dire : à partir de maintenant, ceux qui voudront être cheminots, gaziers, … le seront à telle(s) condition(s).
    Chacun s’engagera en connaissance de cause. Et quand la SNCF, EDF, ou GDF ne trouveront plus assez de monde qualifié à ces conditions, ils rendront le job plus attractif. Par le salaire, la retraite, ou les moyens que l’entreprise choisira.

    Si toi tu poses la question sur le plan politique, elle est d’abord économique : il y a un déficit à régler, qu’on ne peut résoudre que de deux manières, à terme :
    - soit tout le monde cotise plus,
    - soit une partie supporte le déficit de l’autre partie (diviser pour mieux régner, tu disais ?).

    Ah, le fameux (fumeux) fantasme de ceux qui n’ont qu’à payer pour les autres … tu sais que comme le con, on est tous le riche ou privilégié de quelqu’un ?

  • Retraites : moi y’en a pas comprendre Le 18 novembre 2007 à 11:08, par patlereb

    Comment financer les retraites ? Surement pas en supprimant les emplois, surement pas en augmentant les profits des actionnaires, surement pas en faisant des cadeaux fiscaux aux plus riches, surement pas en délocalisant les emplois, surement pas en bloquant le pouvoir d’achat.
    Très certainement en redonnant de la dignité à ceux qui sont au chômage en respectant le droit constitutionnel d’avoir un emploi, faut-il que celui-ci soit dignement rémunéré, certainement en taxant les plus value des entreprises avant de répartir les capitaux aux actionnaires.

    Bref en étant solidaires entre toutes les générations, en osant dire aux plus riches qu’ils doivent partager avant de prendre, alors là nous arriverons à financer les services publics nécessaires pour le bien de tous.

    Je suis pêut-être utopique, mais plus personne ne le sera quand l’individualisme aura détruit la race humaine.

    Patrick

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