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Réflexions (part two)

dimanche 27 avril 2008, par machin

précédemment : j’ai besoin d’aller au delà et m’investir dans un cadre d’action plus large. Je n’ai pas tant besoin d’être en première ligne qu’avoir la possibilité d’intervenir, mettre mon grain de sel dans un débat qui touche notre société, de manière moins restrictive que mon engagement précédent.


Logiquement, à partir du moment où je ne souhaitais pas renouveler mon engagement associatif, l’option la plus naturelle qui s’est imposée à moi est d’intégrer un parti politique, puisque c’est quand même l’outil privilégié pour changer notre société.

Inutile de dire que la période électorale a été riche, en observation et en réflexions.
S’investir dans un parti politique implique deux choses : une adhésion sur le fond, les valeurs portées, et sur la forme, la méthode proposée.
Certains partis affichent des valeurs qui me sont proches, des valeurs de liberté, de solidarité, d’humanisme, de responsabilité individuelle. Mais paradoxalement, les méthodes qu’ils proposent sont la contradiction même des valeurs qu’ils affichent. L’exemple le plus évident est celle de parti de la gauche extrême, qui revendiquent - et prônent - liberté individuelle, égalité et solidarité, tout en promouvant la révolution, qui est par essence contre les trois principes précités.
Non, même en politique, surtout en politique, la fin ne doit pas justifier les moyens.

Forcément, cette question de la méthode élimine de fait un grand nombre de partis ou officines que de toute façon je ne serais pas allé voir : je n’aime pas les extrêmes, et ce n’est pas par les extrêmes qu’on fait évoluer les choses de manière durable.

Si on parle investissement politique, j’élimine évidemment tout de suite les partis qui ne portent pas les valeurs auxquelles je crois, ou bien ceux qui en sont -encore- à redéfinir leurs valeurs, objectifs ou méthodes (non, non, je ne cite personne ;-) ). Une fois que j’ai dit tout ça, il ne reste évidemment plus grand monde sur la place.

Ceux qui suivent (les courageux !) ce blog le savent : il y a bien une tendance dont le verbe m’a séduit, les valeurs et la philosophie qu’elle portait, la personnalité un peu moins. Mais il me restait des points bloquants :

- je ne veux pas tout recommencer à zéro, repartir sur plusieurs années qui seraient consacrées à percer mon trou, à arriver à une position qui me permette effectivement de changer les choses. Je ne veux pas, je ne peux pas attendre dix ans supplémentaires, je veux pouvoir agir, maintenant.

- j’ai réussi à être libre, à être moi même, au fil de ces 18 dernières années. J’ai mis du temps à y arriver, je me suis pris des claques, j’ai fait souffrir des gens, aussi. Ce dont je suis sûr, aujourd’hui, c’est que je n’ai pas fait tout ça pour revenir à des compromissions, des manigances, des petits arrangements, bref, tout ce qu’on retrouve aujourd’hui dans le quotidien des partis politiques.

Exit donc la politique. Trop de compromissions nécessaires, trop de temps, trop d’exposition aussi. La solution est plus proche de moi, c’est sûr.

P.-S.

(la suite)

2 Messages

  • Réflexions (part two) Le 30 avril 2008 à 09:25, par Guillaume

    Petite précision :

    ce n’est pas par les extrêmes qu’on fait évoluer les choses de manière durable.

    Je ne suis pas d’accord avec toi. Les extrêmes par essence permettent aux modérés de se questionner et d’éviter de ronronner. Après, le rapport de force doit permettre à ce que les modérés puissent intégrer les réflexions et les mettre en place, adaptées et minorées (Forcément) quand ils se retrouvent aux manettes du pouvoir. Si l’on écoutait que les modérés, la société ne bougerait pas.

    je veux pouvoir agir, maintenant.

    Tous les partis sur l’échiquier politique actuel te permettrait d’agir maintenant. La question est de savoir si tu te positionnes d’ores et déjà dans une logique de majorité ou de minorité, et donc renvoie intimement à ta relation avec le pouvoir. Si tu rentres demain à Lutte Ouvrière, même si officiellement, il n’y a pas de tendance, tu peux te retrouver dans tel ou tel "clan" qui sera plus ou mons proche de la ligne majoritaire et décisionnaire. Et pareillement dans tous les partis, à tendance déclarée ou non. J’ai pris LO parce que le plus éloigné de ce que tu peux penser pour agir.
    Moi, actuellement (Pas à LO non plus !), je me retrouve majoritaire en région et minoritaire nationalement. Cela créé des frustrations, mais si tu te conduis avec engagement, tu ne peux pas (mécaniquement et par nature) être toujours dans la majorité du pouvoir. Cela s’appelle la démocratie.
    Et donc, tu agis pour l’intérêt collectif, au delà du parti, et non pour ton clan.
    Je pense donc que l’argument de "ne pas pouvoir agir" ne tient pas, il s’agit étroitement à ta relation avec le pouvoir majoritaire.

    Accepterais tu d’entrer dans une asso ou un parti sur la tendance minoritaire ?

  • Réflexions (part two) Le 30 avril 2008 à 09:56, par machin

    héhé :)

    Vite sur les extrêmes : j’ai bien précisé "de manière durable", sur le long terme si tu préfères. Sinon, nous sommes d’accord :)

    Pour le rapport au pouvoir : tu l’as lu, je ne conçois d’adhésion d’idée que sur le fond et la méthode (je parle bien de ma manière de fonctionner, pas d’une généralité).
    En ce qui me concerne, me retrouver "minoritaire" comme tu dis, serait être en désaccord sur un des deux points, fonds ou méthode. Et là, je ne peux pas adhérer, intellectuellement parlant, et donc réellement.
    S’il s’agit d’être minoritaire sur des points concrets, il ne s’agit que de désaccords (dans mon vocabulaire), et donc oui, je le pourrais.

    L’intérêt du pouvoir : agir ! Pas agir dans le sens gesticuler, parler, ça oui, j’imagine qu’on le fait très bien à LO ;-) Non, agir dans le sens faire. Et on peut faire même en étant en désaccord sur des points précis, être minoritaire sur certaines lignes, tant que l’essentiel reste valable.

    Donc, quand je dis ’agir’, c’est ’être en situation d’agir’, faire des choses. Et dans un parti politique, être en situation d’agir signifie "être élu", donc prendre du temps. Ce que je ne veux pas.

    La question qui me reste est donc : y-a-t-il en endroit où je peux me retrouver rapidement en situation d’agir ? :)

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