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Prise de bec pour un bordel

mardi 1er février 2000, par machin

Michel Field a animé le 24 février une soirée sur le thème "le Paris Homosexuel", dans le cadre de son émission Prise directe. Cette émission avait été annoncée sur plusieurs médias gays dès la veille. Elle se tenait au Dépôt.

En dehors du peu d’intérêt de cette émission qui, contrairement à ce que son concept annonce, n’a donné lieu à aucun débat, mais à de simples revendications de la part d’associations et de quelques particuliers (revendications contre les pisseurs des Halles, pour l’égalité dans la prévention contre le SIDA entre gay et lesbiennes, pour la reconnaissance de diverses associations étudiantes au sein de leurs écoles, pour la création d’un véritable centre gay et lesbien parisien, ....), une micro affaire se développe dans le landernau de l’internet gay.

Certaines personnes se sont en effet émues de ce que cette émission, censée parler de la vie des homosexuels à Paris, ait lieu au Dépôt, établissement plus connu pour la taille et les fréquentations de sa backroom (ndlr : autrement appelé baizodrome) que pour la qualité de ses cocktails.

Plus particulièrement, un internaute s’est ému de ce qu’un média gay ait appelé à se rendre à une émission qui, pour lui, allait une fois de plus provoquer un amalgame entre gays et bordels ; et reprend dans la présentation de son argumentaire la page de "convocation" de ce webzine.

La réaction du "rédacteur en chef" a été de lui envoyer un mail de menaces de poursuites judiciaires, ainsi qu’à son hébergeur Multimania, pour avoir "publié sur une page de [sa] homepage, intitulée "Mattweb", l’ensemble du contenu d’une page qui a été publié sur notre site, et ce sans autorisation".

Si juridiquement, la démarche est on ne peut plus juste, il est amusant de voir que malgré ce ton formaliste, les deux personnes se connaissent bien et que le refus d’écouter une opinion différente a amené cette situation.

Que la démarche de cet internaute soit justifiée ou non, la réponse abrupte et pour le moins excessive de ce webzine n’est que le reflet des trops nombreuses querelles de clochers qui animent la communauté homosexuelle.

Intolérance (de la part de ceux même qui défilent pour exiger la tolérance de la part des autres), communitarisme aigü (au point de préférer des candidats politiques parce qu’ils sont gays), nombrilisme etc sont le quotidien de ceux qui voudraient nous représenter. Et il faudrait de surcroît qu’on marche tous en rang ?

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