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Peugeot 607 … sans quoi ?

lundi 1er mai 2000, par machin

Depuis plus de 10 ans, depuis le lancement raté de la 605 et de ses déboires commerciaux, tous les peugeotistes l’attendaient avec impatience. Le Lion nous la faisait miroiter depuis longtemps, et enfin la présenta à la presse.

Patatras, la 607, selon Auto Plus, était bourrée de défauts. Comble pour une Peugeot, elle ne tenait pas la route, elle pêchait justement là où se situe le point fort, internationalement reconnu, de la marque sochalienne. Auto Plus aurait détecté une faiblesse, lors de tests effectués sur une piste, qui n’apparaissait pas sur d’autres modèles concurrents, aussi anciens soient ils, comme la Safrane.

Malgré des essais contradictoires, notamment réalisés par le magazine automobile de M6, en partenariat avec des confrères de la presse écrite, le doute était bien né.

La gestion de crise, reconnue depuis comme très efficace, se déclencha chez Peugeot, même si en interne, certains dirigeants avouaient ne pas comprendre l’offensive de cet hebdomadaire, et ne l’expliquaient, à mots couverts, que par un conflit existant entre la marque et ce groupe de presse (qui regroupe Auto Plus et Auto Journal). Quelques semaines plus tard, Peugeot présente la version finale de la 607, telle qu’elle sera commercialisée, dans un show mettant en scène la voiture vedette soumise à une batterie de test sous contrôle d’huissiers. Par ailleurs, tout ce qui se compte de journalistes automobiles est invité à venir essayer la voiture sur les routes franc-comtoises.

Le verdict, dans la bouche des journalistes de quotidiens (comme Le Monde) ou autres, est unanime : si défauts il y avait, Peugeot les a corrigés, et la 607 est prête à affronter la concurrence.

Pourtant, dans l’édition du 16 mai 2000 d’Auto Plus, qui consacre plusieurs page à cet essai, une petite phrase, rappellée dans la présentation du prochain numéro, laisse planer le doute de nouveau sur la qualité de la voiture : "Effectués sur route ouverte, nos premiers tours de roues ... furent trop succincts ... Ces impressions ... seront prochainement confrontées à des essais approfondis".

Un doute affreux m’a soudainement étreint : et si finalement, les journalistes d’Auto Plus n’étaient pas différents à tant d’autres, et malgré leurs dénégations, les "petits" cadeaux auxquels ils sont habitués influencent largement leur jugement ; et si Peugeot justement n’avait pas pris en compte cet aspect des choses ?

Cela corroborerait les impressions des dirigeants de Peugeot, mais ce serait donner trop d’importance à une théorie du "Tous pourris", théorie trop facile et donc trop improbable.

Ce qui est sans doute plus véridique par contre, c’est qu’Auto Plus, journal qui se situe plus dans une logique "grand tirage" que "qualitatif", ait trouvé là un bon filon, et qu’ils cherchent à l’exploiter, quitte à faire monter un faux suspense et distiller le doute là où il n’a pas lieu d’être. Qualité et quantité ne sont pas toujours compatibles.

A tout prendre, le chroniqueur du Monde n’est peut être pas le roi des journalistes au sein de la rédaction du prestigieux journal, mais il a pour lui l’expérience de son métier et il sait donc plus de quoi il parle que de pauvres journalistes fraichement émoulus du centre de formation des journalistes, à qui aujourd’hui on demande de parler de voitures et de la même manière, on leur demandera demain d’être subitement des spécialistes en informatique ou en physique quantique.

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