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Nous vivons une époque formidable

jeudi 26 juin 2008, par machin

Délicieuse époque que celle où une assistante sociale se présente spontanément au commissariat : "Je suis venue vous dénoncer la situation administrative clandestine d’un ressortissant sénégalais".
Passons sur le fait qu’elle en profite pour violer le secret professionnel, et que le sénégalais en question soit son demi-frère ;

Délicieuse époque que celle où l’on peut la justifier sereinement :

Désolé maitre, mais j’approuve
Certes, on peut présenter cette lettre de dénonciation comme renvoyant aux heures noires de la France, […]
elle a fait son travail, c’est mon point de vue
en évitant que cette famille ne tombe encore plus (car si elle est là c’est que c’est déjà fait) dans la délinquance et la précarité financière […]
moi je dis DEHORS
qu’il revienne avec un visa en règle OK

Délicieuse époque que celle où l’on n’hésite pas à promouvoir l’obéissance civile, bien qu’immorale :

J’ai du mal à saisir ce qui vous choque : la dénonciation d’un étranger en situation irrégulière, le fait que cet étranger n’ose pas sortir, ou bien la violation de secret professionnel ?

Si on considère que se trouver en situation irrégulière est un délit, alors il est de notre devoir (même si c’est amoral) de citoyen de dénoncer.

Délicieuse époque où parce qu’on trouve suspect qu’un père promène un bébé insomniaque, la nuit, dans la chaleur de son blouson, on menace un homme, on l’empêche de rentrer chez lui, on appelle la police, qui interroge ses enfants pour savoir s’il les maltraite. Parce qu’une femme, ça n’aurait pas éveillé de soupçons.
Libé : L’hallucinante soirée du père accusé d’avoir volé son bébé

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