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Mourir, et après ?

dimanche 19 novembre 2006, par machin

Embruns, Kozlika et Mr LeChieur parlent crémation et mettent la mort sur le tapis.

Ils font en quelque sorte echo à cette phrase de Brialy hier soir chez Ruquier :

"Moi j’ai trouvé quelqu’un pour me fermer les yeux, et depuis longtemps."

J’ai beaucoup aimé cette phrase, peut être parce que c’est une des grandes questions que je me suis posé pendant longtemps : sans enfant, qui me fermera les yeux à ma mort ?

A l’époque, j’étais à l’étranger. Le déracinement, la solitude - amicale et familiale - favorisaient sans doute l’introspection. Je savais bien que les garçons m’attiraient, sans toutefois l’admettre, mais le mariage s’imposait quand même, socialement, familialement, et culturellement. Dans tous les scenarri ou fantasmes que je pouvais passer dans ma tête, les enfants étaient toujours présents, nécessairement présents, ne serait-ce que pour, justement me fermer les yeux, à la fin.

Et puis un jour, j’ai compris l’impossibilité, l’absurdité de mettre ma personnalité au placard pour la peur d’une mort qui, ¡ ojalá !, ne surviendrait pas avant de longues années.

La peur est passée, heureusement. Ne reste plus que l’interrogation, sans angoisse, sur le moment, le passage.

Après ? après, c’est facile : une cérémonie joyeuse pour fêter la fin de la contrainte de la condition humaine, une crémation (ça prend moins de place qu’un cercueil) avec les cendres répandues quelque part, éventuellement laissées dans une urne [1] en plein milieu de l’océan, au gré des vents et des courants.

Tout sera probablement différent, bien plus formel et traditionnel. Mais quelle importance ? Là où je serai, je n’en aurai plus rien à faire.

Ne l’oubliez pas : ce n’est pas pour moi que ce sera important, mais pour vous.

Notes

[1biodégradable bien sûr, pour les inquiets bien pensants

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