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Mon cher papa …

vendredi 17 novembre 2006, par machin

Mon cher papa,

A déjeuner, quand nous avons parlé des présidentielles, vous m’avez reproché de ne pas savoir pour qui j’allais voter, de ne pas avoir déjà décidé de voter sarkozy.

Quand je vous ai répondu que je ne pourrais pas voter sarkozy, à cause de sa conception communautariste de la société, vous avez levé les yeux aux ciels, vous m’avez traité d’utopiste, et vous avez ajouté : “de toute façon, moi je m’en fous, ça n’est plus mon problème, je serai bientôt mort”.

Quand je vous ai dit que j’étais fier d’être utopiste, que j’étais fier d’exiger d’un futur président de la république qu’il ait la volonté de changer la société, plutôt que s’y adapter, vous m’avez répondu qu’il fallait être pragmatique, sinon on aurait encore les socialistes pour dix ans mais que, “de toute façon, moi je m’en fous, ça n’est plus mon problème, je serai bientôt mort”..

Quand vous m’avez demandé quel projet de société j’attendais d’un président de la république, je vous ai dit : “qu’il remette l’homme au cœur de la politique et de la vie en société”, vous m’avez dit que personne n’avait ça dans son projet, et qu’il fallait donc voter pour Sarkozy, mais que, “de toute façon, moi je m’en fous, ça n’est plus mon problème, je serai bientôt mort”, et on aurait la gauche au pouvoir mais vous ne seriez pas là pour le voir.

Quand je vous ai dit qu’en cas de second tour Le Pen vs Royal (même si à déjeuner on ne savait pas encore qu’elle serait la candidate), vous m’avez dit que vous voteriez Le Pen, parce que la gauche s’en est toujours mis plein les poches en augmentant les impôts, alors que Le Pen lui au moins on ne peut rien lui reprocher - et tout ce qu’on pourrait lui reprocher, ça ne sont que des propos déformés par les journalistes.

Quand je vous ai rappelé que j’avais été elevé avec des valeurs telle que la générosité, le respect, l’ouverture et l’écoute, et que je ne retrouvais pas ces valeurs chez Sarkozy - et encore moins chez Le Pen , vous n’avez rien répondu, vous avez juste dit que “de toute façon, moi je m’en fous, ça n’est plus mon problème, je serai bientôt mort”.

Ce soir, après avoir tourné ça dans ma tête, je crois que oui, fondamentalement, vous n’en avez rien à foutre : la seule chose qui vous intéresse est votre argent, votre confort, votre petite vie perso-à-vous que vous avez.

Puisque vous allez bientôt mourir, dites-vous, c’est juste con qu’on vous donne le droit de voter pour un président que vous ne connaîtrez pas.

P.-S.

Je crois que je ne vais pas l’envoyer, ce mail, finalement ;-)

1 Message

  • Mon cher papa … Le 6 décembre 2006 à 20:38, par Lil

    Comme quoi, pour certains, la sagesse ne vient pas toujours avec l’âge et pour d’autres le confort n’oblige pas à oublier tous ces idéaux :)

    Venant de la même souche, la balance s’équilibre ...

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