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Loi DADVSI : rien n’est joué

vendredi 23 décembre 2005, par machin

Le parlement, et l’opposition en particulier, se sont joué du gouvernement, et ont tapé du point sur la table en votant la légalisation du chargement peer-to-peer.

Cela dit, comme le précise Tristan Nitot, de Mozilla Europe, relayant lui même une information de Maître Eolas, avocat de son métier, rien n’est encore joué ni simple :

- d’abord, il faut bien le reconnaître, cet amendement est presque aussi excessif que le projet de loi en lui même : pouvoir télécharger du contenu à volonté pour une somme modique est une véritable stupidité, qui ne permet pas la rémunération - normale - des ayants droits ;
- ensuite, la question du téléchargement n’est qu’un bout du côté litigieux de la loi, qui concerne également l’existence même des logiciels libres ;
- enfin, le gouvernement a très vite réagi en annonçant qu’il abandonnait la procédure d’urgence parlementaire (initialement destinée à éviter de payer une amende pour le retard dans la transposition d’une directive communautaire - alors que le projet de loi était sur la table du ministère depuis plus de deux ans !). Le projet sera rediscuté dans quelques semaines et, à n’en pas douter, les deux amendements votés hier soir ne seront pas repris

Le problème de fond reste entier, avec un gouvernement qui n’y comprend rien (voir à ce propos le compte rendu de la rencontre avec les acteurs du libre, édifiante) : ce n’est pas parce qu’une solution est économiquement bonne (pour les Majors, s’entend - et à court terme, s’entend également) qu’elle est bonne pour le peuple, et pour le futur

Un jour peut être comprendront-ils qu’il ne sert à rien de mettre en prison les fabricants de cendrier pour que les gens arrêtent de fumer ?

1 Message

  • Loi DADVSI : rien n’est joué Le 2 juillet 2006 à 01:27, par osiriscaesar

    "pouvoir télécharger du contenu à volonté pour une somme modique est une véritable stupidité, qui ne permet pas la rémunération - normale - des ayants droits"

    La chose est ici affirmée mais pas démontrée.

    Je ne trouve pas que ce soit une stupidité.

    Trouvez-vous stupide de pouvoir téléphoner pour le prix d’un forfait partout en France et sans limitation de temps et communiquer par ordinateur partout dans le monde et sans limitation de temps pour le même tarif forfaitaire, votre abonnement à votre FAI ?

    Non ! Il faut simplement se rendre compte que le véritable problème fondamental à résoudre c’est l’établissement, POUR TOUS, de critères totalement nouveaux et équitables de partage des richesses produites et que tous les critères jusqu’ici retenus sont devenus caducs. En particulier le fameux "marché".

    Ne me dites pas qu’il est équitable qu’un chanteur soit rémunéré alors qu’il ne chante pas, cela n’existe que depuis que la technique l’a rendu possible et il n’y est pour rien et DOIT même tout aux inventeurs de ces procédés. C’est pourtant ce qui se passe si l’on fait payer la copie. Que le chanteur soit rémunéré pour le travail effectué pendant un concert semble tout à fait normal, de même que le chanteur doive exprimer sa reconnaissance en rémunérant à cette occasion auteur et compositeur pour l’usage qu’il fait de leurs oeuvres, car c’est lui qui en use, pas le public. Mais si le concert est enregistré, puis copié et qu’ensuite je l’écoute, pourquoi devrai-je payer alors que pendant ce temps personne ne travaille pour faire en sorte que je puisse l’écouter, sauf une machine ?

    Il y a bien là une arnaque au pouvoir d’achat qui montre clairement que nos lois économiques actuelles et en particulier la fameuse "loi du marché" sont devenues fausses dans de plus en plus nombreux cas.

    Etes vous rémunéré pendant que vous ne travaillez pas ?

    Votre patron accepte-t-il que vous envoyiez une copie de votre travail (immaginez que vous êtes balayeur de rues. En vertu de quoi, sinon l’impossibilité technique actuelle, vous empêcherait-t-on d’envoyer la COPIE DE VOTRE GESTE à votre place ?) Cette impossibilité mériterait une indemnité compensatrice de nom possibilité de copie de son travail. Votre patron vous paie-t-il alors que vous restez chez vous ou allez vous bronzer sous les tropiques ?

    Non ! Il faut simplement se rendre compte que le véritable problème fondamental à résoudre c’est l’établissement, POUR TOUS, de critères totalement nouveaux et équitables de partage des richesses produites et que tous les critères jusqu’ici retenus sont devenus caducs.

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