Accueil > le blog machin > Le racket, plutôt que des solutions

Le racket, plutôt que des solutions

samedi 23 septembre 2006, par machin

Ok, c’est un peu caricatural. Mais pas tant que ça, dans les faits.

Cet aprem, j’étais à la manifestation de la FFMC Paris, pour protester contre la politique, ou plutôt l’absence de politique de la Mairie de Paris & de la Préfecture de police en matière de stationnement des deux roues.
Si symboliquement, il faut noter qu’il était impossible de s’approcher des batiments "officiels" (voir les photos), c’est surtout la grande hypocrisie générale des pouvoirs publics qui est à gerber.

Petit retour en arrière :
- en 1993, la Mairie de Paris et la FFMC profitent de la réhabilitation des Champs Elysées pour négocier un encadrement du stationnement des motos sur les trottoirs : la circulaire "Musso" : la philosophie globale est que quand on ne gêne pas, le stationnement est accepté
- en 1997, l’équivalence entre le permis voiture et la conduite d’un 125 est instaurée.
- depuis 2001, la politique de la nouvelle municipalité parisienne conduit à une explosion du nombre de deux-roues en circulation dans Paris. Sur 2004 et 2005, c’est une hausse de 30% par an pour les seuls scooters et moto 125 cm3 (donc, sans compter l’explosion des 50 cm3)
- pendant ce temps, la Mairie de Paris continue au rhytme de 1000 créations de place de stationnement pour les deux-roues motorisés : selon elle, ce sont maintenant 25.000 places qui sont disponibles, pour près de 150.000 deux roues de plus de 125cm3 en circulation.
La Mairie demande à la préfecture de verbaliser les motos et scooters sur les trottoirs, et se réfugie derrière la préfecture pour dire qu’elle a les mains liées, c’est la loi. La préfecture, elle, renvoie sur la Mairie de Paris, compétentes sur ces questions. Pendant ce temps, ce sont des vraies razzia qui sont organisées, sans distinction.

En 2002, la FFMC Paris s’est rapproché de la Mairie de Paris pour définir ensemble un cadre de "bonnes pratiques" qui mettrait fin à l’arbitraire des verbalisations, pour le stationnement, la circulation entre les files, les voies de bus, … A l’époque, l’équipe municipale ne veut pas en entendre parler.

Elle reprend cependant le flambeau en 2004, en s’inspirant de ce qui se fait aux Pays Bas. Deux ans de négociations pour les motards, auxquelles participent Mairie et Préfecture.

Depuis l’été 2005, le texte est prêt, approuvé par les trois parties, FFMC, Mairie de Paris, et Préfecture de Police.

Las, début 2006, la préfecture fait machine arrière, sur ordre de Sarkozy, qui confirme à Delanoë son opposition. Et la Mairie de Paris en profite pour revenir sur le texte, pourtant validé, et demande de nouvelles modifications.

Combien de temps faut-il jouer la carte de la négociation, d’intégration à des pratiques politiques que, finalement, ni la Préfecture ni la Mairie ne veulent voir évoluer ?
La Préfecture se montre ainsi sous son meilleur jour vis à vis du "bon parisien bobo", dans la bonne tendance démagogique du "moi je suis là pour faire respecter l’ordre", et la Mairie se protège de son aile écolo, tout en engrangeant les z€uros des zam€ndes.

Il n’est plus question de faire en sorte que les choses avancent, que des solutions satisfaisantes pour tout le monde soient trouvées, juste donner une image. Image d’ordre, image d’écologie, image politique, qui ne prend en compte que des impératifs politiciens au détriment des besoins croissants d’une métropole en constante évolution.

C’est toute la problématique posée par Sarkozy sur un certain nombre de sujets [1]
, dont la pratique de la moto : il refuse de réfléchir, avec la FFMC, à des solutions, sous prétexte qu’il existe des problèmes (!!!) … mais surtout parce que ça va à l’encontre de sa stratégie de communication pour la présidentielle.
L’homme politique n’est plus là pour trouver des solutions aux évolutions de notre société, mais pour préparer et gérer sa carrière. C’est là tout le mal qui nous mine, toute la désillusion des français face à la politique, et toute la grandeur de la politique disparue …

C’est là tout mon désarroi et toute ma colère.
Plus que jamais aujourd’hui, je suis un motard en colère, je le revendique.

Notes

[1Lire à ce sujet l’excellent billet - et caustique !- de Maitre Eolas sur la question du tribunal pour enfants de Bobigny :

Je souhaite simplement souligner en quoi les affirmations du préfet de Bobigny, que je salue courtoisement puisque c’est mon adversaire le plus fréquent ces temps-ci après le procureur de la république, révèlent son ignorance de la loi, et en quoi les propos du ministre, au-delà de la simple tartufferie politique qui ne mériterait pas mon ire, relèvent de l’inconscience pure et simple.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0