Accueil > le blog machin > Laurent, Ségolène, Dominique … et moi :-)

Laurent, Ségolène, Dominique … et moi :-)

vendredi 27 octobre 2006, par machin

bon, je l’admets … il y avait également les 5.999 autres participants au 2ème débat des candidats à la candidature socialiste ;-)

A l’heure où le tout paris technofile se retrouvait dans les locaux du conseil régional pour la soirée de lancement de Firefox 2.0, j’ai donc répondu à la proposition de Eustache pour assister au débat, bien que n’étant ni sympathisant, ni adhérent, ni militant.

Première impression, en attendant sur le parvis de la cité de la musique, la foule, impressionnante. Un défilé ininterrompu, de jeunes (pour la plupart) parisiens et franciliens, qui en couple (homo et hétéro, d’ailleurs), qui en famille, qui entre bande de copain. Ca ne discute pas, ils sont pressés, peur de ne pas avoir une place, peut être.

Le Zénith se remplit, à tel point que les derniers gradins, d’abord cachés, sont ouverts. La salle sera finalement pleine.

Quelques applaudissement, en même temps qu’on entend les premiers "Ségolène ! Ségolène !", viennent tout de suite les lazzis. L’un n’ira pas sans l’autre, à chaque fois que ça concernera Ségo.

C’est Fabius qui lance le spectacle, puisque ce ne sera pas un débat, chaque candidat ayant 12 min de discours libre, puis 3 questions de 3 minutes chacune.

Fabius … il met du temps à démarrer, comme un bon diesel. Pendant un long moment, ses silences, tous les 3 ou 4 mots, remplissent son temps de parole. Puis il monte en puissance, fait de (trop) longues tirades, ses envolées, parfois lyriques, soulèvent l’enthousiasme et les applaudissements. Ce ne sera que sur l’Europe, quand il évoque le vote du "non", qu’il se fera huer. Il terminera par un "Soyez libre ! parce que le socialisme, c’est d’abord la liberté !", cherchant sûrement à conjurer le sort (et son refus de travailler avec un professionnel de la communication, cela se voit !) qui le maintient désespérement en troisième position.

Puis c’est le tour de Ségolène, une nouvelle fois autant applaudie qu’elle est huée. C’est une vraie surprise, les médias ne rendant pas du tout compte de cette opposition interne.
Elle arrive sans note, et commence à parler, de Mitterand, et encore, et encore … Elle n’est jamais rentrée dans le cœur du débat, ne répondant même pas aux thèmes pré-sélectionnés. A vrai dire, elle est assez incompréhensible, oubliant parfois de terminer ses phrases, zappant d’un thème à l’autre, sur des phrases sans fin. Mais on retrouve tous ses thèmes de prédilection, placés ici ou là : l’ordre juste, les évaluations citoyennes (et non plus jurys populaires).
Elle apparaît globalement mauvaise communicante, se dandinant d’un pied sur l’autre, et ne sachant pas quoi faire de ses bras. Elle aurait peut être finalement mieux fait d’avoir des notes, qui lui auraient permis de prendre - naturellement - appui sur le pupitre. En fait, c’est dans les huées et les lazzis - fréquents - qu’elle se révèle presque, ne se démontant pas, terminant ses phrases avec force, emphase, s’appuyant d’un bras sur le pupitre, l’autre marquant l’emphase avec force.

Je n’ai pas vraiment compris ce qu’elle a voulu dire, juste retenu quelques tirades. Et j’ai été impressionné par l’opposition qu’elle suscite.

Impossible de ne pas faire la comparaison avec le dernier des prétendants, DSK. C’est le local de l’étape, il est donc plus logiquement à son aise. Mais au delà, je le découvre, par rapport à ses prestations télévisuelles.
Son discours est structuré, musclé parfois, vivant et rhytmé toujours. Il sait enflammer la salle et susciter l’enthousiasme de la salle, qui se lèvera fréquemment pour l’applaudir. Il sait manier les formules, se faire confident ou tribun, et il établit une vraie communion avec la salle.

C’est une vraie surprise de le voir ainsi, lui qui a plutôt un air apathique lors des débats télévisuels.

Je n’ai pas pris ma carte à la sortie ;-) mais j’ai apprécié l’ambiance bon-enfant, où les mêmes qui huaient savaient également apprécier les bonnes idées, en applaudissant avec la même force.

Je me rapproche plus de l’analyse de radical-chic que celle de Monsieur de Soldignac sur la prestation de DSK, sans parler de celle de Fabius … certainement une question de militantisme …

Il y aura finalement eu un semblant de débat, les candidats faisant état de vraies divergences, sur la forme comme sur le fond, suffisamment importantes pour qu’il y ait un vrai choix à faire pour les socialistes.

Reste à savoir si les adhérents voteront avec leur cœur, hier largement du côté de DSK, ou leur raison - qui au vu des sondages, et donc avec toutes les précautions qui s’imposent, donne la faveur à Ségolène Royal … pour l’instant.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0