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La Chine, communiste ?

jeudi 10 avril 2008, par machin

Une excellente analyse de JF Kahn sur le parcours de la flamme olympique, et sur la part d’hypocrisie des critiques actuelles liées aux JO.

Pour les (très) paresseux, deux points essentiels :
- ce n’est pas l’occupation du Tibet qu’il faudrait dénoncer, qui continuerait certainement sous un gouvernement démocratique chinois, mais la dictature actuelle.

- les pays "développés" entretiennent des relations incestueuses avec ce régime, qui peut d’un geste précipiter leur chute économique, et qui représente un modèle pour nombre de politiques.

 

Puisque j’ai eu la chance de connaître un peu ce pays (oui oui, faudra que j’en parle plus …), j’ai malgré tout deux petites remarques, je n’ose appeler ça un désaccord, avec JF Kahn, deux points sur lequel je pense qu’il est imprécis :

- il est évident qu’un certains nombre de politiques, de droite plus que libéraux, sont persuadés, parfois le plus généreusement du monde, qu’il faut savoir faire le bonheur des gens malgré eux.
Et dans ce sens, rien de mieux qu’une bonne dictature pour réformer sans contrainte, de façon efficace et durable.
Je comprends JF Kahn quand il les taxe de "neo-conservateurs", "ultra libéraux", qui sont autant de repoussoirs faciles. Pourtant, ce serait trop simple :) et c’est vrai qu’au delà des neo et ultra, c’est bien toute une partie de la culture de droite qui considère qu’il faut savoir étouffer les libertés individuelles pour le bien commun.
Nous ne sommes en France que partiellement et petitement entrés dans ce concept, qui ne touche que le thème de la sécurité. Mais Kahn a raison, arrivera peut être, sûrement un jour la question de pousser ce concept sur le plan économique.
Ce n’est pas un concept à la marge réservé aux néo et ultra ; et je parie que cela le sera de moins en moins ; tout en espérant que ce soit le plus tard possible …

- Il y a somme toute peu d’exemples dans le monde de dictature ayant duré assez longtemps pour arriver à réformer et faire décoller son pays. En fait, brièvement, je dirais : l’Espagne, le Chili … et la Chine.
 [1]
Je me souviens en 1989, on commençait à peine à parler de la Chine comme pays émergent, et je devais y passer quelques semaines, dans le cadre de mon école de commerce ; une première pour moi dans un pays communiste, que j’imaginais gris, triste, puisque communiste, forcément.
Une claque ! Shanghaï, Pékin, Canton, trois villes symboliques à l’époque de la réalité chinoise, qui m’avaient fait vasciller dans mes convictions (très profondes, à l’époque …) et découvrir que le chinois est très nationaliste, que si la Chine était indéniablement un Etat policier dictatorial, il s’éloignait irrémédiablement du communisme en autorisant la propriété individuelle, avec une approche timide et presque méfiante du capitalisme et de ses dérives.
Aujourd’hui, on ne peut plus prétendre que la Chine est une dictature communiste. Dictature, évidemment. Nationaliste, sans aucun doute. Mais bel et bien capitaliste maintenant, avec la reconnaissance de la propriété privée, l’autorisation de s’enrichir, la création d’une classe de nouveaux riches, l’appauvrissement de la classe ouvrière, l’inflation, la croissance, …
Il n’y a aujourd’hui aucune différence entre l’Espagne de Franco, le Chili de Pinochet et la Chine actuelle, qui n’a plus, depuis longtemps, de communiste que le nom
C’est pour cela que cette fascination dont parle JF Kahn de certains hommes politiques occidentaux envers les méthodes chinoises n’a rien de surprenante.


[Edit du 14 mai 08]

France m’a envoyé ça par mail :


Evidemment, on se marre, mais un peu jaune (si j’ose dire)…
France

Notes

[1J’exclue évidemment les pays de l’Est, dont la théorie (faire le bonheur des gens malgré eux) est la même, mais la finalité différente, puisqu’il ne s’agit pas de développement économique.

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