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Juger les fous

MàJ 27/08/07 13h

vendredi 24 août 2007, par machin

Quand j’ai vu cette Une du Monde.fr :

je savais que nous aurions rapidement droit à un billet de Maître Eolas sur le sujet.

Passons rapidement sur l’absence de toute analyse des journalistes du Monde, qui se contentent de reprendre une dépêche (pardon, je suis méchant, deux : AFP et Reuters), sans faire le travail d’investigation et d’analyse qu’on attend d’eux ;
passons sur le fait qu’ils se contentent d’une simple interview du syndicat de la magistrature, justifiant ici encore le surnom des journalistes : "gratte papier", que je n’ai jamais trouvé très flatteur, comme aucun métier passe-plat, en fait.

Enfin bref … le travail d’analyse est donc le fait d’un avocat, qui (bouuh) ne s’est pas beaucoup lâché, puisqu’il se contente de republier un billet vieux de deux ans (re bouuhh :-) ) (à sa décharge, lui au moins a fait un billet fouillé en 2005, s’en est souvenu, a tenu des archives, à cherché dedans et l’a retrouvé …)

Bref … comme d’habitude, c’est un “must have”, ce que j’attendais dès le départ comme explication sur la question de l’irresponsabilité pénale, celle de la présidence de la république ayant été assez … sommaire (quelqu’un a dit "démagogique" ?).

Donc tout-de-go-j’y-go : l’irresponsabilité pénale pour démence

Et il en remet une couche :

Vouloir faire ce procès pour les victimes, parce qu’elles le réclament, c’est risquer de leur faire un cadeau empoisonné. Elles courent après une chimère, l’espoir que l’audience leur apportera un soulagement, que les mots "vous déclare coupable" auront un effet thaumaturgique sur leur souffrance. La vérité est que c’est très rare. Cela arrive seulement dans le cas où le prévenu ou l’accusé manifeste à l’audience un remord sincère, et manifeste ses regrets avec l’accent de la vérité, j’ajouterais à la condition que la victime soit prête à accorder son pardon, car refuser des excuses n’est pas une façon de tourner la page.

Une telle hypothèse est rare. Et je redoute fort que cette réforme, si elle voyait le jour, ferait du mal à bien des victimes avant d’en apaiser un tant soit peu une seule.

La démence, concrètement

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