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Contrôle technique : pschiiit ?

jeudi 14 février 2008, par machin

Voilà, tout serait dit : “ A l’issue du Comité interministériel sur la sécurité routière qui s’est tenu cet après-midi, le premier ministre a écarté la possibilité d’instaurer un contrôle technique pour les deux-roues motorisés : la proposition de Thierry Mariani fait pschiiit !” (source)

Même si le reste de l’article est plus nuancé, cette introduction donne le ton : pschiiit. Dégonflé. Comme une baudruche. Au revoir et à jamais.

Impression que l’on retrouve ici ou là, dans les forums ou commentaires. Pourtant, rien n’est moins sûr que cette affirmation.

D’abord, parallèlement à l’explosion du nombre de deux-roues (toutes cylindrées confondues), la tendance de fond est au contrôle. Un contrôle non pas pour améliorer - c’est, après tout, le rôle de tout concessionnaire qui se respecte - mais pour donner l’illusion de l’action.
Pendant qu’on contrôle les vitesses, on ne s’assure pas de la bonne formation à l’évaluation des distances de sécurité. Mais on contrôle.
Pendant qu’on contrôle les pneus, on ne s’assure pas de la formation à la conduite. Mais on contrôle.

Ensuite, si l’opportunité politique n’était pas là, à moins d’un mois des municipales, en pleine grogne sociale et fronde politique, rien ne dit qu’elle ne sera pas présente dans quelques mois, quelques années.

Enfin, il faut bien le reconnaître : le dossier du contrôle technique deux-roues était bien mal ficelé :
- un argumentaire bâclé
- l’incohérence d’annoncer en pleine débâcle de mécontentement un projet qui ne pourrait de toute façon pas prendre corps avant 2009 (immatriculation obligatoire de tous les cyclos)
- des objectifs peu clairs, entre le "contrôle visuel des organes de sécurité" ou un contrôle en profondeur du fonctionnement des deux-roues
- des instigateurs perdus entre l’attirance d’un business juteux et les implications - financières, notamment - qu’une obligation aurait impliquée.
- sans parler du ridicule de la proposition de loi de Thierry Mariani, qui ne tient pas plus la route que la pire des voitures chinoises.

Pour autant, ne boudons pas cette victoire.

Deux ans après les feux de jour, la FFMC a eu l’intelligence de ne pas céder au marché de dupe qui était proposé (l’abandon des 100cv contre l’instauration du contrôle technique), et elle a bien mené sa barque, entre rencontres avec Mariani, discussions avec la DSCR, et menaces de blocage.

Le prochain rendez-vous sera probablement en 2009, lorsque les cyclos seront immatriculés. Selon que les sondages seront bons pour Sarkozy. Ou pas.
Que la direction de la sécurité routière aura un projet bien ficelé, intelligent. Ou pas.
Qu’elle aura des pistes de réflexion et de négociation intelligentes. Ou pas.

En attendant, un an de gagné contre la connerie.

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