Accueil > le blog machin > Carnet du jour - 12/06/08

Carnet du jour - 12/06/08

jeudi 12 juin 2008, par machin

 :-/ le malus de Borloo

Le Grenelle de l’environnement est à la traîne, il est vrai peu aidé par un gouvernement qui, tout compte fait, trouve toutes ces histoires d’écologie un peu chiantes … et chères, probablement.

Seul point sur lequel Borloo a marqué … des points, c’est bien le bonus/malus écologique, qui a vu une modification notable du comportement d’achat d’automobiles
 [1].

Sauf que, là où il ne s’agissait au départ que d’un malus "à vie", on parle maintenant d’un retour déguisé de la vignette, avec un malus annuel. Il faut bien financer les 85 millions d’euros de déficit du système.

C’est certainement bien pour l’écologie, mais revenir sur ses promesses six mois après les avoir faites ne va certainement pas aider à recrédibiliser le discours des politiques …

[Edit du 14/06] : mouarf mouarf … à force de piloter le pays à (très) court terme, ça va vraiment devenir un grand n’importe quoi :

Pour orienter les consommateurs, M. Woerth préférerait un "malus-malus" sur les véhicules les plus polluants, ou, à défaut, a-t-il déclaré au Monde, un "petit bonus" et un "gros malus".
Le Monde : le succès du bonus malus inquiète Eric Woerth

 

 :-) So long, Hillary

il ne sera plus exceptionnel de voir une femme remporter des primaires ou de voir une femme dans une compétition très serrée pour être notre nominée, et il ne sera plus exceptionnel qu’une femme puisse être présidente des Etats-Unis

Elle s’en va (avec la video de son discours)

 

 :-| Sarkozy analysé

Intéressantes analyses croisées, à une semaine de distance, entre Jérôme Jaffré, Pierre Luc Séguillon et Jean Michel Apathie :

Les Français sont attachés à un idéal type du rôle du président de la République tel que le général de Gaulle l’a forgé dans les dix premières années de la Ve République et tel que son adversaire principal François Mitterrand l’a repris à son compte deux septennats durant. C’est parce qu’il s’écarte trop de ce modèle de référence que Nicolas Sarkozy décontenance une part importante des électeurs, y compris à droite.

Dans cet idéal type, trois fonctions sont associées au président classique de la Ve République. La première est d’être un arbitre. […] La deuxième fonction du président classique de la Ve République est celle de rassembleur. […] La troisième fonction du président classique de la Ve République est de se consacrer à l’essentiel.

Or Nicolas Sarkozy pratique tout autrement

Jérôme Jaffré : Pourquoi Sarkozy n’est plus populaire

Y-a-t-il beaucoup de journalistes qui ont relaté l’audition de Laurence Parisot, Pdte du MEDEF, devant les parlementaires, où elle annonce "nous avons été pris en traître (par le gouvernement et le président) " ? Voilà pourtant une rupture de la présidence Sarkozy, amener le MEDEF à prendre des positions aussi tranchées et dures contre un gouvernement de droite !

Voilà quelques semaines, le président de la République exposait une part de sa philosophie politique. Il prônait le dialogue entre les partenaires sociaux et évoquait, à défaut d’accord, une loi. Ce schéma là, l’exécutif le bafoue aujourd’hui. Les partenaires sociaux ont trouvé, sur les 35 heures, un accord qui ne convient pas au gouvernement. D’où un projet de loi qui modifie la situation existante sans tenir compte du point d’équilibre atteint par la négociation. Comment peut-on défendre cette démarche ? Et surtout, comment espérer obtenir la confiance si l’on ne respecte pas les principes que l’on définit soi-même ?

Jean Michel Apathie : Tiens, revoilà Kadhafi

Et, last but not least, cette analyse de PLS, particulièrement juste :

Nicolas Sarkozy joue sur trois registres : la division des organisations syndicales, la privatisation du mécontentement et l’étourdissement des salariés et de leurs représentants.

et notamment :

Enfin, le gouvernement tire profit d’un phénomène nouveau révélé par les enquêtes d’opinion : la privatisation des mécontentements. C’est la préoccupation de leur pouvoir d’achat érodé chaque jour un peu plus par l’envolée des prix et la hausse de l’essence qui taraude les Français au premier chef et qui polarise leur grogne contre la politique de Nicolas Sarkozy. Cette préoccupation est aujourd’hui si forte chez les citoyens qu’elle occulte tout le reste et ne les portent pas à se battre autour des objectifs collectifs que défendent les syndicats.
Pierre Luc Séguillon : social : la méthode sarkozy.

(A une réserve près : ce n’est pas que dans le domaine social qu’il applique cette méthode, puisqu’on l’a retrouvée également dans le domaine de la sécurité routière, où elle a particulièrement bien fonctionné … hélas)

Notes

[1"Les ventes de modèles sobres ont augmenté de 45% et les véhicules les plus gourmands ont baissé de 40%" (libération)

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0